Découvrez la scène musicale girondine vue par les bibliothécaires musicaux !

2020, une année en musique : les coups de cœur des bibliothécaires musicaux – épisode #2

Les bibliothécaires musicaux des bibliothèques de Bordeaux Métropole vous présentent leurs coups de cœur de l’année 2020 ! A vos écouteurs !

King Gizzard and The Lizard Wizard : “K.G.” (KGLW) (2020) (CD)(Rock Psychédélique) (par Nicolas C., Bibliothèque de Bordeaux)

Avec 18 albums au compteur depuis 2012, ces australiens ne chôment pas et la qualité de leurs productions ne dément pas. Après un dernier album “Infest The Rats’ Nest” en forme d’hommage au Thrash et au Doom, revoici le groupe de Melbourne toujours emmené par Stu Mackenzie sur des rivages psychédéliques plus fidèles à leur ADN.

Bill Frisell : ” Valentine” (Blue Note Records, New York) (2020) (CD) (Jazz) (par Julien M., Bibliothèque Jean de La Ville de Mirmont)

Indispensable nouvel album du grand et inclassable guitariste de Jazz qui signe ici le premier enregistrement de son fidèle trio. Avec en prime cette magnifique et toujours nécessaire reprise de “We Shall Overcome”, hymne de la défense des droits civiques aux Etats-Unis.

Dirty Projectors :  “5EPs”   (Domino Records) (2020) (2 LP) (Pop / Indie) (par Maxime R., Bibliothèque de Bègles)

5 EPs. Soit 5 minis disques sortis au cours de l’année et regroupés en cette fin d’année pour balayer des pans entiers de musique Pop moderne : Harmonies vocales lumineuses qui évoquent autant les côtes ouest des Etats-Unis que de l’Afrique, arpèges folks en boucles, élastiques, rythmes en contre-pieds, expérimentations sonores, beats profonds, mélodies désarmantes, soul futuriste. Le tout pour un résultat incroyablement beau, désarmant et accueillant. Il faudra bien toute l’année 2021 et un peu plus avant d’épuiser ces 5 petits bijoux…

Agnès Obel : “Myopia” (Deutsche Grammophon) (2020) (Pop indé) (par François P. , Médiathèque Jean Vautrin de Gradignan)

Onirisme et mélancolie toujours au rendez-vous, Agnes Obel est revenue. En totale autonomie, ayant composé, interprété, enregistré et mixé l’album seule, la danoise expérimente un peu plus à chaque album : aux sonorités habituelles qu’on lui connaît viennent se greffer des textures et voix triturées qui ajoutent encore à l’atmosphère étrange des compositions, avec toujours la même élégance.

Tom Poisson : “Se passer des visages” (Super-Chahut !) (2020) (CD)(Chanson française) (par Solenne M., Médiathèque d’Eysines)

Tom Poisson vogue depuis plus de quinze ans dans le courant de la chanson française avec élégance. Conteur d’histoires, il sait subtilement évoquer des thèmes difficiles dans ses textes et nous emporte grâce à ses mélodies.

The Brooks  : “Any day Now” (Underdog Records) (2020) (CD) (Funk – Soul) (par Solenne M., Médiathèque d’Eysines)

Un des sons funky de l’année 2020 ! Derrière ce groupe se cachent deux Québécois, Alexandre Lapointe et Alan Prater, qui ont le groove dans la peau et un talent indéniable concernant l’orchestration du genre. On évoque même l’âge d’or du funk …

Camille Yarbrough ” The iron pot cooker” (1975, réédition RSD 2020, Vanguard , LP only, Soul) (Soul) (par Sébastien H., Bibliothèque des Capucins/Saint-Michel)

A l’occasion du Record Store Day, bienvenue réédition de l’unique album de la poétesse Camille Yarbrough, lucide chronique de la situation des afro-américains, à la croisée du jazz et de la soul, de la colère de Nina Simone et du verbe acerbe de Gil Scott-Heron et annonçant une large partie du hip-hop.

Davy Graham ‎– “The Holly Kaleidoscope” (Decca) (Vinyl, LP) (2020) (Folk rock) (par Nicolas C., Bibliothèque de Bordeaux)

Cité comme l’un des premiers guitaristes à allier folk, blues et jazz, ainsi qu’un penchant pour les sons du Moyen-Orient et les ragas indiens. Il est l’artiste qui a permis le renouveau du folk anglais des années 60. Ses disciples se nomment Bert Jansch , John Renbourn , Eric Clapton , Martin Carthy et Jimmy Page. La réputation de Davy Graham tient dans sa composition instrumentale “Anji” qui fascina une génération entière de guitaristes débutants ! Pour autant, la discographie de l’anglais fut longtemps indisponible au grand public. On redécouvre depuis quelques années le répertoire de cet immense artiste (merveilleux guitariste) par l’intermédiaire de labels tels Fledg’ling Records ou Bread & Wine qui rééditent son catalogue Decca records.  “The Holly Kaleidoscope” est un grand album dans lequel s’entrechoquent folk, blues, jazz et pop. Rudement bien enregistré, ce disque est une réédition spéciale pour le Record Store Day anglais et en vinyle s’il vous plaît !

Brutus : “Nest” (Hassle Records) (2020) (Post-metal) (par François P. , Médiathèque Jean Vautrin de Gradignan)

La formule du groupe belge est unique, entre post-metal et punk tout en noirceur emmené par la voix claire et puissante de la batteuse-chanteuse Stefanie Mannaerts. Pari risqué, les chansons mêlent rage et hauteurs mélodiques ; pari réussi, le groupe ne perd jamais en intensité et les 42 minutes de l’album semblent bien courtes.

Sister Rosetta Tharpe : “The gospel truth/Sister Rosetta Tharpe” (Hoodoo records) (1959-1960 – Réédition 2020) (CD) (Gospel) (par Elise R., Médiathèque du Taillan-Médoc)

Grande dame du gospel, Sister Rosetta Tharpe fut surtout une artiste très novatrice, en mêlant ses influences musicales. Blues et gospel ne font pas bon ménage sur le fond ? Peu importe, elle introduit des blues efficaces dans ses chants évangélistes, et devient la première femme à avoir chanté le gospel accompagnée de sa guitare électrique !
Et quel talent ! Reconnue comme l’une des guitaristes les plus brillantes des années 40, elle joue un rock’n’roll énergique avant l’heure, est admirée par Chuck Berry, Little Richard ou Elvis Presley, et obtient (tardivement) le surnom amplement mérité de « Godmother of Rock‘n’Roll » !

Malheureusement l’histoire du rock l’a longtemps oubliée au profit d’artistes masculins, avant de l’introduire en 2018 au Rock and Roll Hall of Fame… Alors vous aussi, réparez cette injustice et révisez votre histoire du rock avec Sister Rosetta Tharpe ! Edition regroupant deux albums : “The gospel truth”, enregistré en 1959, et “Sister Rosetta Tharpe”, enregistré en 1960.

Sages comme des sauvages : Luxe misère (Zamora) (2020) (par Sylvette P., Médiathèque Jean Vautrin Gradignan)

Inclassable le groupe mixe tous les genres musicaux et tous les instruments. Leur album défend avec bonheur le métissage musical, une musique qui ose s’aventurer hors des sentiers battus, un parti pris tout à fait en adéquation avec le nom de leur groupe  qui associe sage et sauvage. La musique est entrainante souvent dansante  mais il faut également prêter l’oreille aux textes comme celui par exemple du titre qui donne son nom à l’album : « Luxe misère ». Enregistré sur l’île de la Réunion l’album offre également un bel hommage au chantre du Maloya Danyel Waro.

Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud : Complices (Harmonia Mundi) (2020) (CD) (Musique classique) (par Solenne M., Médiathèque d’Eysines)

Ces deux complices ont déjà réalisé plusieurs opus ensemble. Aujourd’hui c’est au tour du violoncelliste Jean-Guihen Queyras de proposer à Alexandre Tharaud un album autour de différents chefs-d’œuvre classiques faisant référence à l’atmosphère du rappel à la fin d’un concert. Des airs connus ou méconnus sont approchés, passant de Kreisler à Brahms, de Tchaïkovsky à Fauré…

Katie Melua: “Album N°8” (BMG) (2020) (CD) (Pop-folk) (par le Centre Musique, Bibliothèque Bordeaux Mériadeck)

On est tous d’accord pour dire que l’année 2020 a été plus rude que prévue. Le dernier opus de Katie Melua arrive en cette fin d’année pour nous réconforter. Après l’album concept “In winter” (2016) et un best of en 2018, la chanteuse britannique propose dix nouveaux titres plus proches de l’univers de ses premières productions. C’est l’album idéal à écouter au coin du feu pendant les fêtes.

The Oh Sees : The cool death of island raiders (2006 – Réédition 2019) (CD) (Rock psyché) (par Nicolas T., Médiathèque d’Eysines)

Groupe incontournable de la scène garage-psyché mené de main de maître par l’hyperactif John Dwyer, les Oh Sees ne viennent pas de Francfort ni de Strasbourg mais de Californie. Moins bruyant et frénétique qu’à l’accoutumée, cet album représente la veine intimiste du groupe, un projet de folk distordu (et tordu) bricolé à partir de comptines bizarroïdes, de balades planantes et de pépiements d’oiseaux. Les amateurs de curiosités sonores seront aux anges!

 

Hillbillies In Hell – Country Music’s Tormented Testament (1952-1974) (The Iron Mountain Analogue Research Facility ‎– Série : Hillbillies In Hell – Volumes X & XI) (par Nicolas C., Bibliothèque de Bordeaux)

“Hillbillies in Hell” est une série lancée et compilée par David Thrussell depuis 2015 autour des archives de la country music. Mais attention, ici au touche au Graal du genre. Chaque volume exhume une quinzaine de titres d’artistes souvent très obscures, d’autres plus connus. On parle ici de thématiques qui abordent des choses sacrément moins religieuses que d’ordinaire ! On parle ici de beuverie, de rédemption, de satanisme, de viol, de résurrection… j’en passe et des plus farfelues. Bien loin de l’image lisse qu’on prête à la country music de par chez nous…

Ces “testaments torturés de la country music” sont un modèle du genre pour ce qui est de la réédition vinyle. Le pressage vinyle est basé sur le ” Full Dynamic Range “. L’idée est de  de contrer la “Loudness War” et de s’assurer que les fans entendent la musique comme elle était censée sonner – un son pur et organique directement pressé sur un vinyle de 180 grammes à partir de l’analogue de studio original ou DAT bandes, dont beaucoup ont été stockées pendant plus de 20 ans. Extrêmement limités, ces titrages 33t ressortent en CD ici et là. Ne les manquez pas !

Suzane : Toï toï (Wagram Music / 3ème Bureau) (2020) (CD) (Chanson/Rock français) (par Solenne M., Médiathèque d’Eysines)

« Révélation scène » lors des Victoires de la musique 2020, cette autrice, compositrice, interprète fait partie des chanteuses phares de cette année. Elle aborde sans ambiguïté et sans détour des maux de la société ou des histoires plus personnelles.

Joe Hisaishi: “Dream songs  : The Essential Joe Hisaishi ” (Universal music) (2020) (CD) (Musique de film) (par le Centre Musique, Bibliothèque Bordeaux Mériadeck)

Connu pour ses compositions pour les films de Takeshi Kitano (Aniki, mon frère , Hana-bi), Joe Hisaishi est également celui qui enchante par sa musique les productions du studio d’animation Ghibli (Princesse Mononoké, Ponyo sur la falaise, Mon voisin Totoro). Cette anthologie regroupe les thèmes les plus marquants de sa carrière.

Philomène Irawaddy : Une coccinelle sur mon violoncelle (Arc-en-ciel) (2020) (CD) (Musique pour enfant) (par Nathalie M., Médiathèque d’Eysines)

La chanteuse Philomène Irawaddy baigne dans le jazz depuis sa tendre enfance. Aussi c’est avec naturel qu’elle s’inspire de ses racines et nous emporte dans cette histoire à l’univers original et poétique. Vous pourrez ensuite écouter la version instrumentale des morceaux (piano, contrebasse, violoncelle et flûte).

Playlist des coups de cœur musicaux 2020, épisode #2 :

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